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    USA : Vers une reconquête du système mondial ou le risque de chaos

    États-Unis, Chine, Russie

    Les États-Unis face à un choix stratégique post-Guerre froide

    Depuis la fin de la Guerre froide, il était largement attendu que les États-Unis adoptent l’une des deux trajectoires en politique étrangère : maintenir leur rôle de leader dans l’ordre international libéral ou se retirer pour s’adapter à un monde multipolaire post-américain. Toutefois, selon Michael Beckley, chercheur et universitaire américain, une troisième voie semble émerger.

    Cette voie, qu’il qualifie de « puissance rebelle », n’est ni globaliste ni isolationniste. Elle se caractérise par une posture agressive, indépendante et toujours orientée vers la défense des intérêts américains dans les affaires mondiales.

    Une vision agressive incarnée par l’administration Trump

    Michael Beckley cite l’exemple de Donald Trump, qui a incarné cette vision à travers :

    • l’augmentation des droits de douane,
    • la réduction de l’aide étrangère,
    • le mépris affiché envers les alliés,
    • et des propositions audacieuses telles que la prise de contrôle de territoires étrangers, notamment le Groenland et le canal de Panama.

    Selon Beckley, cette posture traduit la volonté des États-Unis de rester une puissance forte et indépendante, capable d’agir seule sur la scène internationale.

    Les raisons de l’autonomie américaine

    Un des facteurs qui permet aux États-Unis d’adopter cette posture unilatérale est leur puissance incontestée sur plusieurs plans :

    • une force militaire, économique et technologique majeure,
    • un vaste marché intérieur de consommation rivalisant avec celui de la Chine et de la zone euro réunis,
    • une domination financière mondiale sans égal,
    • et une influence militaire inégalée.

    Contrairement à la plupart des pays, les États-Unis dépendent moins du commerce international et de la main-d’œuvre étrangère.

    Dans un monde largement structuré autour de leur armée et de leurs marchés, Washington détient un pouvoir considérable pour modifier ou même abandonner les règles internationales, souligne Beckley, professeur associé en sciences politiques à l’université Tufts.

    Les limites du système libéral et la montée du nationalisme

    Beckley explique que le système libéral international, autrefois construit par les États-Unis, est devenu un fardeau :

    • il renforce des adversaires comme la Russie et la Chine,
    • il génère des difficultés économiques internes,
    • et ses alliés s’appuient excessivement sur les États-Unis, souvent incapables ou peu enclins à assurer eux-mêmes la sécurité internationale.

    Le rejet de la mondialisation à l’intérieur du pays a nourri un protectionnisme et un nationalisme croissants, renforçant la tendance à agir en solo.

    Facteurs globaux influençant la politique américaine

    Le chercheur, également affilié à l’institut American Enterprise à Washington, relève plusieurs tendances mondiales qui stimulent ce virage :

    • les changements démographiques rapides affaiblissent les grandes puissances, notamment en Eurasie,
    • l’instabilité s’étend dans de nombreuses régions en développement,
    • les technologies émergentes, dont l’intelligence artificielle, réduisent la dépendance américaine à la main-d’œuvre étrangère, à l’énergie et aux bases militaires importantes.

    Par ailleurs, l’armée américaine évolue d’une stratégie de dissuasion par présence vers une capacité à mener des frappes précises à distance.

    Les risques d’une politique unilatérale « débridée »

    Cette tendance unilatérale comporte des risques majeurs :

    • la destruction des alliances traditionnelles,
    • l’instabilité du système international,
    • des mesures protectionnistes et militarisées qui pourraient provoquer des confrontations ouvertes avec des rivaux comme la Chine,
    • et la possible extension des sphères d’influence russe et chinoise si les États-Unis abandonnent certains territoires stratégiques.

    Le résultat serait un déséquilibre croissant, mêlant chaos et affaiblissement des alliés d’un côté, et autosuffisance américaine accrue de l’autre. Cette situation pourrait renforcer la tentation pour Washington d’agir seul.

    Une alternative stratégique pour un nouvel ordre mondial

    Face à ce dilemme, Beckley propose la création d’un bloc stratégique regroupant :

    • un noyau économique constitué des pays d’Amérique du Nord (États-Unis, Canada, Mexique),
    • une alliance militaire axée sur la défense avancée avec un partage renforcé des armes et des technologies,
    • et une coordination économique avec des règles communes et un accès facilité aux marchés.

    Cette alliance resserrée permettrait aux États-Unis de tirer parti de leurs forces pour bâtir un monde libre et fonctionnel, plutôt que de s’engager dans une nationalisme imprudent.

    source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/4/17/%d9%83%d8%a7%d8%aa%d8%a8-%d8%a3%d9%85%d9%8a%d8%b1%d9%83%d9%8a-%d9%87%d9%83%d8%b0%d8%a7-%d9%8a%d9%85%d9%83%d9%86-%d9%84%d9%82%d9%88%d8%a9-%d8%b9%d8%b8%d9%85%d9%89

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