Une nouvelle vague de chaleur s’est abattue sur la France en pleine session du baccalauréat : Météo-France a placé 26 départements du centre et de l’est du pays en vigilance orange jeudi 18 juin, dont l’Île-de-France, avec des pointes à 40 °C attendues localement dimanche. La concomitance avec les épreuves a conduit le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, à autoriser le report local des oraux de français et du grand oral, mesure saluée par le principal syndicat des chefs d’établissement.
Un calendrier scolaire rattrapé par le mercure
Les épreuves écrites du baccalauréat général et technologique ont débuté lundi 15 juin avec la philosophie et se poursuivent jusqu’à jeudi avec les spécialités. Les oraux de français et le grand oral, qui doivent se tenir à partir de la semaine suivante, tombent précisément au moment où Météo-France annonce l’intensification de l’épisode caniculaire, avec un pic prévu dimanche ou lundi.
Dans un entretien au Monde lundi 16 juin, Édouard Geffray a indiqué que ces oraux pourront être reportés localement de quelques jours « dans l’hypothèse où la température dans les salles d’examen dépasserait les seuils réglementaires » ou en cas de difficulté d’accueil des candidats. La règle vise à « octroyer des conditions décentes non seulement pour les élèves, mais également les personnels », qui passent « six à sept heures dans la journée à faire passer » les épreuves, a souligné le ministre.
Une carte orange qui s’étend vers le nord
Météo-France avait élargi mercredi la vigilance orange aux régions allant du bassin parisien au centre du pays, vers le Grand-Est et le nord de Rhône-Alpes. Cinquante autres départements étaient placés en vigilance jaune pour canicule, et cinq départements supplémentaires en vigilance jaune pour orages.
Selon l’institut, « les 40 °C pourraient être atteints sur plusieurs régions de l’Ouest à la vallée du Rhône, voire en Île-de-France » dimanche. La hausse des températures sera par ailleurs favorisée par le solstice d’été, qui survient précisément à cette date — le jour le plus long de l’année, synonyme d’ensoleillement maximal.
Réaction syndicale et précédent
Le ministre avait déjà annoncé dimanche 14 juin sa volonté de ne plus programmer d’examen l’après-midi en raison des fortes chaleurs récurrentes. Une orientation « qui va dans le bon sens », a réagi sur franceinfo Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des personnels de direction de l’Éducation nationale.
M. Bobkiewicz a rappelé que « les épreuves sont de plus en plus le matin » : c’est déjà le cas cette année pour le bac général et technologique et pour trois épreuves sur quatre au brevet des collèges. Le représentant syndical a exprimé l’espoir que cette mesure soit étendue au baccalauréat professionnel, dont les épreuves se sont déroulées au mois de mai.
Vers une règle pérenne
Au-delà de l’épisode en cours, Édouard Geffray a confirmé qu’« il n’y aura plus d’examen l’après-midi l’an prochain », reprenant une annonce formulée dimanche. Les épreuves du bac professionnel de mai et celles du brevet, prévues fin juin, comportent encore des sessions l’après-midi cette année. En ce qui concerne le premier degré — écoles maternelles et primaires — des adaptations pourront également être mises en place, a précisé le ministre.
L’articulation entre calendrier scolaire et événements climatiques extrêmes devient ainsi un sujet de politique éducative à part entière : la fréquence accrue des vagues de chaleur conduit l’institution à intégrer la variable thermique dans l’organisation des examens, et non plus seulement dans la gestion de crise ponctuelle.
