Les forces de sécurité intérieure ont enregistré plus de 28 000 refus d’obtempérer sur les routes de France en 2025, soit une hausse de 10 % par rapport à 2024, selon une étude publiée mercredi 17 juin par le service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI). Le bond est nettement supérieur à la tendance de long terme : entre 2016 et 2025, ce type de délits augmentait en moyenne de 2 % par an.
Une hausse qui sort de la moyenne décennale
Au total, le SSMSI a comptabilisé 36 900 délits de refus de contrôle routier en 2025 — un chiffre qui englobe les refus d’obtempérer mais aussi les refus de se soumettre à un test d’alcoolémie ou de stupéfiants. La progression du total, +9 % en un an, masque des évolutions contrastées : les refus d’obtempérer simples ont augmenté de 10 %, mais leur forme aggravée — par exemple en présence de stupéfiants ou avec un passager à bord — a bondi de 16 %.
Six mille deux cents des 28 000 refus d’obtempérer enregistrés relèvent de cette forme aggravée, précise le rapport. L’étude insiste sur un point : la hausse de 2025 n’est pas un retour à la normale post-Covid ou un effet de saison. Elle sort de la trajectoire observée entre 2016 et 2025.
Des auteurs jeunes et masculins, un pic nocturne
Sur le périmètre de la police nationale, qui concentre environ la moitié des délits, le profil des auteurs est très marqué : les contrevenants sont en majorité des hommes de moins de 30 ans. Le rapport du SSMSI relève aussi un pic d’occurrence entre 23 heures et 1 heure du matin, dans une fenêtre plus large allant de 15 heures à 3 heures du matin.
Autre signal : dans 41 % des cas de refus d’obtempérer enregistrés par la police nationale, un défaut de permis de conduire a été constaté en parallèle. Le ministère voit dans ce croisement un indice du profil des auteurs — et un levier opérationnel pour cibler les contrôles.
Vaucluse, Pyrénées-Orientales et Seine-Saint-Denis en tête dans l’Hexagone
Rapportés à la population, les refus de contrôle routier atteignent 5,1 délits pour 10 000 habitants au niveau national, avec de fortes disparités territoriales. Dans l’Hexagone, le Vaucluse (7,9 pour 10 000), les Pyrénées-Orientales (7,5) et la Seine-Saint-Denis (7,4) arrivent en tête.
Les taux les plus élevés du pays sont toutefois ultramarins : 9,4 en Guadeloupe et 9,2 en Martinique pour 10 000 habitants. Le général Christophe Perret, commandant de la gendarmerie nationale de Guadeloupe, alertait dès le mois de mai sur un « nombre important de refus d’obtempérer » dans un contexte de violences envers les forces de l’ordre en hausse d’environ 50 %, rapporte l’Agence France-Presse.
L’hypothèse officielle : des contrôles plus ciblés
Le SSMSI avance une explication principalement opérationnelle : la hausse pourrait « notamment s’expliquer par le renforcement des contrôles routiers visant des infractions connexes, comme le défaut d’assurance ou de permis de conduire ». Dit autrement, plus de contrôles ciblés sur les véhicules en situation irrégulière produiraient mécaniquement plus de tentatives de fuite.
Le rapport ne dit rien, en revanche, de l’évolution du bilan corporel — accidents, blessés ou décès — ni du suivi judiciaire de ces délits. Le SSMSI renvoie ces éléments à d’autres publications, mais le contraste entre la stabilité longue et la secousse de 2025 reste, pour les forces de l’ordre, un point d’attention à part entière.
Sources
- Ministère de l’Intérieur — SSMSI, « En 2025, une hausse marquée des refus de contrôle routier » (17 juin 2026)
- Ouest-France, « CARTE. Les refus de contrôle routier en hausse de 10 % en 2025, selon le ministère de l’Intérieur » (17 juin 2026)
- franceinfo, « Les refus d’obtempérer routiers en hausse de 10 %, selon le ministère de l’Intérieur » (17 juin 2026)
