L’IMC, ou indice de masse corporelle, reste l’un des repères les plus utilisés pour évaluer la corpulence et situer une personne entre maigreur, poids normal, surpoids ou obésité. Pourtant, cet indicateur, créé dans les années 1830, montre aujourd’hui ses limites lorsqu’il s’agit de mesurer l’état de santé réel. Une étude internationale relayée par les experts met en lumière un risque souvent invisible : une obésité abdominale malgré un IMC jugé normal.
Un IMC normal ne suffit pas toujours à rassurer
Sur l’échelle de l’IMC, la valeur 25 marque traditionnellement la limite à ne pas franchir. Entre 18,5 et 25, la corpulence est considérée comme normale, ce qui peut donner l’impression d’un état de santé satisfaisant. En France, 54 % des 20-69 ans entrent d’ailleurs dans cette catégorie ou sont classés en maigreur, selon les données de la DREES.
Mais les médecins s’interrogent de plus en plus sur la pertinence de cet outil, car l’IMC ne dit rien de la répartition des graisses ni de la santé métabolique globale. Une personne peut donc afficher un IMC rassurant tout en présentant une accumulation de graisses au niveau du ventre, ce qui augmente les risques cardiovasculaires et métaboliques.
Quand la corpulence « normale » cache une obésité abdominale
Les chercheurs ayant analysé des données provenant de plus de 90 pays et de plus de 500 000 personnes ont observé un constat marquant : parmi les individus classés dans la catégorie « normale » selon l’IMC, 1 sur 5 présentait en réalité une obésité abdominale. En Europe, cette situation concernerait 25 % des participants à l’étude.
Cette forme d’obésité, parfois décrite comme « maigre et gras », se caractérise par un poids global normal mais une accumulation de graisse autour de l’abdomen. Il s’agit de graisse viscérale, située autour des organes internes, et donc particulièrement préoccupante pour la santé. Contrairement à une simple prise de poids visible, elle passe souvent inaperçue sans mesure du tour de taille ou évaluation plus complète.
Les risques d’un excès de graisse autour de la taille
Les auteurs de l’étude soulignent que l’obésité abdominale chez les personnes de poids normal est systématiquement associée à des troubles cardiométaboliques. Parmi eux figurent l’hypertension, le diabète, un taux élevé de cholestérol total et une hypertriglycéridémie.
Les résultats montrent aussi une différence selon le sexe : chez les femmes, la présence d’une obésité abdominale augmente le risque d’hypertension de 66 %, contre 55 % chez les hommes. L’âge joue également un rôle important, puisque chez les personnes plus âgées, cette graisse abdominale est liée à une probabilité plus forte de développer une hypertension et un diabète.
Autrement dit, plus l’âge avance, plus le stockage de graisse au niveau du ventre peut devenir nocif pour l’organisme. Ce type de profil métabolique mérite donc une attention particulière, même chez les personnes qui ne sont pas en surpoids selon l’IMC.
Comment limiter l’obésité abdominale invisible
L’étude associe aussi l’obésité abdominale à plusieurs facteurs de risque, notamment le sexe féminin, la sédentarité et une faible consommation de fruits et légumes. Pour réduire le stockage des graisses au niveau du ventre, les spécialistes insistent sur une hygiène de vie cohérente et régulière.
Privilégier l’activité physique
Le sport reste l’un des meilleurs moyens de limiter la graisse abdominale. Il n’est pas nécessaire de pratiquer de manière intensive : l’important est la régularité. L’idéal consiste à faire une activité physique au moins deux fois par semaine pour de longues séances d’environ une heure, ou cinq fois par semaine pour des séances plus courtes d’environ 20 minutes.
Miser sur une alimentation équilibrée
Les excès d’aliments trop sucrés, trop salés ou trop gras favorisent le stockage abdominal. Pour freiner ce phénomène, certains aliments riches en fibres, antioxydants et nutriments peuvent être utiles, comme les légumes verts, le kiwi, le citron, la cannelle ou encore l’avoine. Côté boissons, le thé vert et le café sont également cités comme alliés.
L’essentiel reste toutefois une alimentation équilibrée, à ne pas confondre avec un régime restrictif. L’objectif est de soutenir le métabolisme et de mieux réguler la glycémie sur la durée.
Lutter contre la sédentarité au quotidien
Même les personnes qui font du sport peuvent être exposées aux effets néfastes de la sédentarité si elles passent de longues heures assises. Rester immobile pendant 8 heures d’affilée favorise l’accumulation de graisse abdominale, même si une séance d’exercice est réalisée plus tard dans la journée.
Les experts recommandent donc de multiplier les petits gestes actifs : aller chercher de l’eau régulièrement, prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur ou marcher pendant un appel téléphonique. Ces habitudes simples contribuent à limiter le stockage des graisses au niveau du ventre.
Améliorer la qualité du sommeil
Le sommeil joue aussi un rôle dans la régulation des graisses. Pendant la nuit, le corps produit des hormones qui mobilisent les réserves graisseuses pour fournir de l’énergie. Dormir suffisamment et correctement aide donc à mieux gérer le poids et à réduire la graisse abdominale.
En cas d’insomnie ou d’apnée du sommeil, il ne faut pas laisser la situation s’aggraver. Parmi les solutions évoquées figurent une tisane à la menthe poivrée environ 30 minutes avant le coucher ou la consommation de deux kiwis avant de dormir, ce qui pourrait favoriser un endormissement plus rapide. Il est aussi conseillé d’éviter l’alcool et les repas trop copieux avant la nuit.
