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Fumée noire s'élevant au-dessus de la raffinerie de Gazpromneft à Kapotnia, banlieue sud-est de Moscou, après une attaque de drones ukrainiens le 18 juin 2026
Fumée au-dessus de la raffinerie Gazpromneft de Kapotnia, à Moscou, le 18 juin 2026, après une attaque de drones ukrainiens. (Photo AFP)

Moscou frappée par la plus vaste attaque de drones ukrainiens depuis deux ans, une raffinerie majeure touchée

Par Lina 4 min de lecture 2 sources

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Dans la nuit de mercredi 17 à jeudi 18 juin 2026, la défense aérienne russe a abattu 194 drones ukrainiens se dirigeant vers Moscou, selon le maire de la capitale Sergueï Sobianine, et plus de 500 à l’échelle du pays d’après le ministère russe de la Défense. L’agence officielle Tass qualifie l’attaque de « plus importante contre Moscou depuis au moins deux ans ». Plusieurs drones ont touché la raffinerie MNPZ, l’une des plus grandes de Russie, située dans le quartier de Kapotnia, au sud-est de la capitale. Un immeuble résidentiel et un centre commercial de la région ont été endommagés, sans faire de blessés, d’après le gouverneur Andreï Vorobiov.

Au moins 17 personnes, dont deux enfants, ont en revanche été blessées dans la région de Moscou au cours de la nuit, et la chute de débris de drones a déclenché un incendie dans un centre commercial de Kotelniki, rapidement maîtrisé par les secours, selon le même bilan.

Quatre aéroports moscovites paralysés plusieurs heures

L’attaque a perturbé le trafic aérien de la capitale russe. Le fonctionnement des principaux aéroports de Moscou — Vnoukovo, Chérémétievo, Joukovski et Domodedovo — a été suspendu plusieurs heures avant de reprendre progressivement. À Chérémétievo, l’un des plus importants, une alerte aérienne a entraîné l’évacuation des passagers et du personnel vers des abris sécurisés, avant un retour à la normale peu avant 8 heures, heure locale.

Sur place, un journaliste de l’AFP a décrit jeudi matin « de grands panaches de fumée noire » s’échappant de la raffinerie de la société Gazpromneft à Kapotnia, la suie de l’incendie se mêlant à la pluie qui tombait sur la ville. Des hélicoptères étaient engagés pour lutter contre les flammes. Une riveraine, Valentina, 29 ans, réveillée par le bruit, a témoigné auprès de l’agence : « C’est vraiment terrifiant. »

Une raffinerie déjà visée mardi, qui couvre un tiers des besoins en carburant de Moscou

La raffinerie de Kapotnia n’en est pas à son premier bombardement : elle avait déjà été touchée mardi 16 juin par une frappe ukrainienne, rappelle l’AFP. Selon les informations disponibles sur le site officiel de Gazpromneft, l’installation « assure plus d’un tiers des besoins en carburant de la capitale russe, notamment pour ses aéroports ». La toucher revient donc à frapper à la fois un nœud énergétique et un point d’appui de l’aviation civile et militaire russe.

Sur les réseaux sociaux, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a revendiqué l’opération comme une « réponse pleinement justifiée aux attaques russes contre nos villes et nos communautés », et indiqué que « des cibles ont également été touchées dans la région de Rostov et dans les territoires ukrainiens temporairement occupés ». Dans un message audio à la presse, il a ajouté : « Le principal, c’est que le peuple russe commence à sentir qu’un seul homme, Poutine, mène cette guerre, tandis que des gens ordinaires en payent tout le prix. »

L’attaque tombe pendant le sommet Russie-ASEAN à Kazan

Le timing est lourd de signification. Depuis mercredi soir, Vladimir Poutine accueille à Kazan, à environ 700 kilomètres à l’est de Moscou, un sommet de deux jours entre la Russie et les pays de l’Asean. La Thaïlande, le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Malaisie et Singapour ont dépêché leurs Premiers ministres, tandis que les Philippines ont envoyé leur président Ferdinand Marcos. Au moment où les délégations prenaient place dans la capitale du Tatarstan, la défense aérienne de Moscou tentait d’intercepter une vague de drones.

Lors de la séance plénière jeudi matin, Vladimir Poutine n’a pas évoqué l’attaque contre Moscou, souligne l’AFP.

Une logique de frappe sur les infrastructures pétrolières

L’opération s’inscrit dans une stratégie plus large : depuis plusieurs mois, Kiev intensifie ses frappes de drones contre la Russie, ciblant en priorité les infrastructures de transport et de stockage d’hydrocarbures, dans l’objectif affiché de tarir la manne permettant à Moscou de financer son effort de guerre.

L’Ukraine reste pour sa part soumise à des bombardements russes quasi quotidiens : dans la nuit de mercredi à jeudi, sept missiles et 239 drones russes ont frappé son territoire, selon l’armée de l’air ukrainienne. Une personne a été tuée et neuf autres blessées à Dnipro jeudi matin, et un homme est mort dans des frappes sur la région de Soumy, dans le nord du pays.

Un contexte international tendu après le G7 d’Évian

L’attaque intervient au lendemain du sommet du G7 d’Évian, en France, où le président américain Donald Trump a déclaré que Moscou devait « conclure un accord » pour mettre fin à la guerre. À l’issue de la réunion, les États-Unis et plusieurs pays européens du G7 ont annoncé leur intention de produire « sous licence » en Ukraine des missiles de longue portée et des systèmes de défense antiaérienne, selon une source diplomatique et le chancelier allemand Friedrich Merz.

Vladimir Poutine a, de son côté, refusé à plusieurs reprises les propositions de pourparlers en face à face avec Volodymyr Zelensky.

Les 2 sources

  1. 1franceinfo — Moscou visé par la plus vaste attaque de drones ukrainiens depuis au moins deux ans, près de 200 engins abattus et une raffinerie touchée (18 juin 2026)franceinfo.fr
  2. 2Corse-Matin (AFP) — Moscou frappée par une vaste attaque ukrainienne, une importante raffinerie touchée (18 juin 2026)corsematin.com

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