Arrivé lundi 15 juin au sommet du G7 d’Évian, Donald Trump a fait mine de prêter peu d’intérêt à la force multinationale portée par la France et le Royaume-Uni pour sécuriser la réouverture du détroit d’Ormuz, après l’accord annoncé la veille avec l’Iran. Emmanuel Macron a, lui, réitéré son « offre d’aider ».
Un tête-à-tête Macron-Trump pour ouvrir le sommet
Le président américain est arrivé à Évian en hélicoptère depuis Genève, accueilli à l’hôtel Royal par le directeur du protocole français et non par Emmanuel Macron, comme le prévoyait le programme. Les deux dirigeants se sont ensuite retrouvés en bilatéral, lors d’une rencontre marquée par une poignée de main plus lâche que celles de leurs premières rencontres, signe d’une familiarité apaisée entre deux hommes qui « aiment se jauger » depuis près de dix ans, selon l’Agence France-Presse.
Au menu de cette première journée : la présentation, par Donald Trump, du texte de l’accord conclu avec Téhéran, qui n’a pas encore été rendu public. Le président américain avait promis dimanche que le document pourrait être publié « après vendredi », jour prévu d’une cérémonie de signature à Genève.
Ormuz : Trump écarte la force multinationale, Macron insiste
Devant son homologue français, Donald Trump a balayé l’initiative portée par Paris et Londres pour déminer et sécuriser la réouverture du détroit d’Ormuz. « Je ne pense pas que nous aurons besoin de beaucoup d’aide », a-t-il lancé, tout en concédant qu’« avoir un bateau ou deux de quelques pays, votre pays serait très bien pour cela, car on ne sait jamais ».
À ses côtés, Emmanuel Macron a réitéré son « offre » d’aider à la sécurisation du passage stratégique, fermé depuis l’offensive américaine contre l’Iran fin février. Le chef de l’État a défendu une « volonté d’aider » à la réouverture, présentée comme devant s’inscrire « dans la durée », et insisté sur l’utilité d’une coordination entre alliés.
Le contraste entre les deux discours résume l’enjeu de ce G7 : Washington entend capitaliser politiquement sur l’accord bilatéral avec Téhéran, tandis que Paris et Londres cherchent à structurer un cadre multilatéral de sécurisation, à même de convaincre les partenaires européens et asiatiques.
Un dîner élargi, puis l’Égypte, les Émirats et le Qatar mardi
Le détail de l’accord américano-iranien devait être évoqué dès le dîner d’ouverture, lundi soir, avec les dirigeants des six autres pays du G7 : Allemagne, Canada, Italie, Japon et Royaume-Uni, ainsi que les représentants de l’Union européenne. La discussion se prolongera mardi, en présence des chefs d’État de l’Égypte, des Émirats arabes unis et du Qatar, directement concernés par la sécurité du Golfe.
En attendant, les réactions publiques de Téhéran et de Washington sont restées floues sur plusieurs points : calendrier exact de la réouverture, périmètre du « déminage » et statut juridique du dispositif multinational envisagé. La Maison Blanche se montre optimiste sur une réouverture « complète » d’ici vendredi ; du côté iranien, la prudence domine sur la communication.
Une bouffée d’oxygène diplomatique, mais des zones d’ombre
Pour la France, ce G7 arrive à un moment charnière : Emmanuel Macron cherche à démontrer qu’il reste un pivot européen du dialogue avec l’Iran, malgré le coup de force diplomatique américain. Le refus à peine déguisé de Donald Trump à l’idée d’une force conjointe teste, en direct, la solidité du partenariat transatlantique.
Reste l’inconnue principale : la confiance des marchés et des États riverains du Golfe dans la pérennité d’un accord dont le texte n’est pas public, et dont la mise en œuvre dépend d’un calendrier serré — moins d’une semaine entre l’annonce politique à Évian et la signature prévue à Genève.
Sources
- Arrivé au sommet du G7, Donald Trump minimise l’initiative multinationale portée par Paris et Londres pour sécuriser le détroit d’Ormuz
- G7 à Évian : Macron redit à Trump sa « volonté d’aider » à la réouverture du détroit d’Ormuz
- Arrivé au G7, Trump minimise l’initiative de Macron pour rouvrir Ormuz
- Donald Trump à Evian pour détailler le projet d’accord avec l’Iran aux dirigeants du G7
