Ferrari a officiellement levé le voile sur la Luce, son premier modèle 100 % électrique. L’annonce était attendue, mais la marque italienne a choisi une entrée remarquée dans l’ère EV : un grand modèle à cinq places, dessiné avec l’appui de LoveFrom, le collectif créatif de Jony Ive et Marc Newson. Au-delà de l’effet d’image, la Luce donne surtout une indication stratégique claire : Maranello ne veut pas simplement électrifier un format existant, mais définir sa propre lecture du haut de gamme électrique.
À retenir : selon The Verge et Top Gear, la Luce est le premier véhicule électrique de Ferrari, son deuxième modèle à quatre portes et son premier à cinq places. Le dossier technique présenté autour du lancement évoque quatre moteurs, 1 035 ch, une batterie de 122 kWh et une architecture 800 V.
Pourquoi cette Ferrari électrique ne ressemble pas aux autres
Le choix de Ferrari tranche avec une partie des attentes du marché. Au lieu de proposer une simple supercar électrique dans la continuité des silhouettes habituelles, la marque assume un véhicule plus long, plus habitable et plus polyvalent. The Verge souligne que la Luce devient à la fois le premier EV de Ferrari, son deuxième modèle à quatre portes et son premier modèle à cinq places, ce qui montre une volonté d’élargir l’usage sans renoncer au positionnement prestige.
Le design a aussi été pensé comme un argument majeur. Ferrari a confirmé que LoveFrom avait participé non seulement à l’intérieur, déjà aperçu auparavant, mais aussi à la direction globale du projet. La présence de Jony Ive, figure historique du design Apple, donne à la Luce une portée symbolique supplémentaire : Ferrari veut raconter une histoire de technologie, de luxe et de rupture, pas seulement cocher la case de l’électrification.
Une fiche technique pensée pour faire date
Top Gear détaille une architecture particulièrement ambitieuse : quatre moteurs électriques, un par roue, pour une puissance annoncée d’environ 1 035 chevaux. Le média évoque également un 0 à 100 km/h en 2,5 secondes, une vitesse de pointe proche de 309 km/h, une batterie de 122 kWh et une base électrique 800 V. L’autonomie annoncée tourne autour de 330 miles, soit un peu plus de 530 kilomètres selon le cycle de communication mis en avant lors de la présentation.
Toujours selon Top Gear, Ferrari insiste sur la gestion thermique, la densité énergétique et le pilotage ultra-fin de chaque roue. La marque cherche à montrer que son premier EV n’est pas qu’un objet spectaculaire, mais aussi une plateforme technologique. Le véhicule embarque un nouveau système de contrôle capable d’actualiser très rapidement les consignes de conduite et de répartition, avec l’objectif de préserver une identité dynamique conforme à l’image Ferrari.
Le pari de Ferrari : faire de l’électrique un nouveau territoire de marque
Le lancement de la Luce intervient dans un contexte où plusieurs sportives électriques très puissantes ont peiné à susciter le même désir que leurs équivalents thermiques. Top Gear rappelle d’ailleurs que Ferrari a volontairement évité la solution la plus évidente, celle d’une supercar électrique calquée sur la recette à moteur central. L’entreprise dit avoir voulu repenser l’architecture du véhicule afin d’obtenir un centre de gravité abaissé, plus d’espace à bord et une proposition plus distincte.
Cette logique peut surprendre les puristes, mais elle permet aussi à Ferrari de se positionner différemment sur le segment électrique premium. Là où d’autres marques ont surtout cherché à traduire leur ADN existant en version batterie, Ferrari tente de créer un objet nouveau, capable de mêler performance, usage quotidien élargi et signature visuelle immédiatement reconnaissable.
Ce que révèle vraiment la Luce pour le marché
La Ferrari Luce ne dit pas seulement quelque chose de Ferrari. Elle raconte aussi l’évolution du marché du luxe automobile. Les constructeurs historiques cherchent désormais à prouver qu’ils peuvent transformer une contrainte industrielle et réglementaire en démonstration de prestige. En choisissant un lancement très scénarisé, une collaboration design très visible et une fiche technique spectaculaire, Ferrari veut montrer qu’un EV peut devenir un marqueur de désir, pas seulement une réponse à la transition énergétique.
Reste à voir si cette équation convaincra les clients sur la durée. Mais sur le plan industriel et symbolique, le cap est franchi : Ferrari a désormais une première voiture électrique officielle, avec un projet pensé dès l’origine comme un manifeste. La Luce n’est pas simplement un nouveau modèle dans la gamme ; c’est la manière dont Maranello entend entrer dans sa prochaine décennie.
Sources
- The Verge, 25 mai 2026
- Top Gear, 25 mai 2026
