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Vendredi 9 octobre 2026 Mis à jour à 22 h 06

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Corail blanchi dans une zone touchée par une vague de chaleur marine, photo d'illustration (OceanImageBank / The Ocean Agency).
Coraux blanchis dans une zone touchée par une vague de chaleur marine. Photo d'illustration, OceanImageBank / The Ocean Agency, via Mer et Marine.

Vague de chaleur marine « extrême » dans la Manche : ce que l’alerte britannique change pour la Bretagne

Par Lina 4 min de lecture 3 sources

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La réponse courte

Le Met Office britannique a annoncé mercredi 8 juillet 2026 que la température de surface de l’eau de la Manche a atteint, mardi 7 juillet, un niveau qualifié d’« extrême » « dans une zone au nord de la Bretagne ». L’alerte tombe au moment où l’Ifremer décrit une précocité « préoccupante » des vagues de chaleur marines en 2026, après un mois de juin océanique record à l’échelle mondiale.

Un seuil « extrême » déjà franchi au nord de la Bretagne

D’après le Met Office, une température de surface est considérée comme « extrême » lorsqu’elle dépasse d’au moins 5 °C la valeur de référence calculée sur la période 1982-2011. Mardi 7 juillet, ce seuil a été franchi au nord de la Bretagne, où la température de l’eau correspondait, selon l’agence britannique, à celles habituellement relevées en plein mois d’août.

Ailleurs dans la Manche et en mer du Nord, les relevés du Met Office montrent des anomalies plus modérées, de l’ordre de +2 à +3 °C par rapport à la référence. Le service britannique prévient que l’épisode « va certainement s’étendre à d’autres zones dans l’ouest de la Manche d’ici samedi ».

Une Manche qui traîne la vague de chaleur atmosphérique de fin juin

Les températures relevées dans l’eau accusent, par nature, un décalage par rapport à celles de l’intérieur des terres. L’onde de chaleur observée dans la Manche s’explique en grande partie par la vague de chaleur atmosphérique record qui a touché une grande partie de l’Europe fin juin, dont l’Angleterre et la France ont connu le mois de juin le plus chaud de leur histoire.

Selon Copernicus Marine Service, l’organisme européen de surveillance des océans, le mois de juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré pour les océans à l’échelle mondiale, avec une température moyenne de surface de 20,98 °C. Copernicus relève que ce record survient alors que le phénomène El Niño se renforce, ce qui pourrait faire grimper encore davantage les températures dans les mois à venir.

Ce que l’on appelle une « vague de chaleur marine »

Le Met Office fixe un seuil d’intensité (au moins +5 °C au-dessus de la référence 1982-2011). L’Ifremer, l’institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, retient un autre critère, plus temporel : on parle de vague de chaleur marine lorsque la température de surface dépasse le 90ᵉ centile des températures observées à la même période sur les trente dernières années, pendant au moins cinq jours consécutifs.

Avec ces deux grilles de lecture, l’alerte du Met Office et les observations Ifremer convergent : les eaux côtières européennes sortent de leur plage habituelle, et ce, plus tôt que d’habitude.

Conséquences documentées sur la biodiversité

Les chercheurs de l’Ifremer décrivent, dans une conférence de presse rapportée par Mer et Marine, des effets « le plus souvent délétères » des vagues de chaleur marines sur la biodiversité marine et les écosystèmes côtiers. En baie de Granville, dans la Manche, les populations de bulots sont surveillées de près. En Méditerranée, touchée par des vagues de chaleur marines sur 98 % de sa surface entre janvier et juin 2026, les gorgones, ces coraux mous emblématiques, subissent un blanchissement massif, décrit par un chercheur comme une « impression de feu de forêt sous-marin ».

Les herbiers de posidonies, qui abritent 20 % de la biodiversité marine méditerranéenne et jouent un rôle dans la séquestration du carbone, voient leur cycle de reproduction perturbé. En Polynésie, l’Ifremer rappelle qu’en 2016, lors d’un précédent épisode El Niño, « 80 % des bénitiers étaient morts ».

Une précocité qui surprend les chercheurs

« La précocité des premières vagues de chaleur de l’année 2026 nous surprend autant qu’elle nous inquiète », résume l’Ifremer. Pour la Manche et le nord de la Bretagne, l’enjeu est désormais de savoir comment l’anomalie observée mardi 7 juillet va se traduire, dans les prochaines semaines, sur la pêche côtière, les zones conchylicoles et la faune fixée.

Des travaux du CNRS conduits à Wimereux, sur la façade nord de la Manche, documentent déjà cette bascule : la température de surface de l’eau y a atteint 17,4 °C le 28 juin 2026, contre 14,6 °C en moyenne à cette période, et les chercheurs observent un appauvrissement des espèces d’eaux froides et un décalage de l’arrivée du hareng. Météo-France note que ce type de canicule marine généralisée, déjà observé en 2022, est « amené à se reproduire ».

Les 3 sources

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  1. 1franceinfo.frfranceinfo (AFP), « Le Royaume-Uni alerte sur une vague de chaleur marine « extrême » dans la Manche, dans « une zone au nord de la Bretagne » », 8 juillet 2026 (nouvel onglet)
  2. 2meretmarine.comMer et Marine, « Vagues de chaleur marines : « Nous entrons dans un territoire inconnu » », 6 juillet 2026 (données Ifremer) (nouvel onglet)
  3. 3lavoixdunord.frLa Voix du Nord, « Les poissons qui aiment les eaux froides sont en train de disparaître : comment la chaleur modifie la biodiversité dans la Manche », 28 juin 2026 (données CNRS / Météo-France) (nouvel onglet)

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