Le gouvernement britannique promet de nouvelles règles sur les réseaux sociaux pour les moins de 16 ans avant la fin de l’année. La ministre de la Technologie Liz Kendall a assuré à la BBC que l’exécutif allait agir après la consultation nationale sur la sécurité numérique des enfants, avec une réponse attendue cet été et des mesures annoncées d’ici décembre. Le débat ne porte pas seulement sur une éventuelle interdiction des réseaux sociaux pour les adolescents : Londres étudie aussi des couvre-feux nocturnes, des contrôles d’âge renforcés et des limites sur certaines fonctions conçues pour prolonger l’usage.
À retenir : le Royaume-Uni ne tranche pas encore sur une interdiction générale, mais confirme qu’un durcissement arrive. Le gouvernement dit avoir reçu environ 70 000 contributions et veut agir sur les usages qui favorisent la surexposition des mineurs, y compris sur des plateformes qui ne seraient pas forcément couvertes par un modèle inspiré de l’Australie.
Ce que Londres promet à ce stade
Dans son entretien à la BBC, Liz Kendall affirme que la question n’est plus de savoir si le gouvernement interviendra, mais comment. Selon elle, la consultation, lancée au printemps et close ce mardi, doit désormais déboucher sur une décision politique durable. L’exécutif britannique ne veut pas annoncer une mesure symbolique qui serait ensuite contournée ou difficile à appliquer. Il insiste donc sur la nécessité de calibrer des règles capables de tenir dans le temps et de s’appliquer à un environnement numérique qui évolue vite.
La ministre cite plusieurs pistes déjà sur la table : une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, à l’image de l’option retenue en Australie, mais aussi des mesures plus ciblées. Le gouvernement regarde notamment les couvre-feux numériques, les vérifications d’âge plus robustes et la désactivation de fonctions comme l’autoplay ou le scroll infini pour les jeunes comptes. L’idée est de s’attaquer à la mécanique de captation de l’attention, pas seulement à l’accès brut aux applications.
Une consultation plus large que le seul cas des réseaux sociaux
Les documents officiels du gouvernement britannique montrent que la réflexion dépasse le seul périmètre des plateformes classiques. La consultation nationale sur « l’enfance dans le monde en ligne » mentionne aussi les jeux, les chatbots d’intelligence artificielle et les usages mobiles au quotidien. L’exécutif explique vouloir recueillir des avis sur les effets du temps d’écran, sur les contenus vus par les mineurs, mais aussi sur la manière dont les outils automatisés peuvent influencer leurs habitudes, leurs échanges et leur bien-être.
Le texte gouvernemental rappelle que les autorités veulent aller au-delà de l’Online Safety Act si cela s’avère nécessaire. Londres insiste sur le fait que les protections déjà en place constituent une base, mais qu’elles ne suffisent pas forcément à répondre aux inquiétudes des familles sur le sommeil, la concentration, la santé mentale et l’exposition continue aux interfaces conçues pour retenir les adolescents le plus longtemps possible.
Pourquoi le débat reste ouvert
La BBC souligne que les associations et les experts ne sont pas unanimes. Certains militent pour une interdiction claire avant 16 ans, estimant qu’elle offrirait un signal simple et une protection plus lisible pour les familles. D’autres craignent qu’une mesure trop brutale pousse les adolescents vers des espaces moins régulés, ou qu’elle reporte le problème sans mieux préparer les jeunes à l’usage des outils numériques lorsqu’ils y accèdent plus tard.
Cette prudence explique le vocabulaire employé par le gouvernement. Londres veut consulter, tester, puis décider, tout en gardant la possibilité d’étendre son regard à des services comme Roblox ou Discord, souvent moins centraux dans le débat public que les grands réseaux sociaux mais très présents dans les usages des plus jeunes. Le fait que l’exécutif évoque ces plateformes montre qu’il ne raisonne pas uniquement en termes d’applications historiques, mais en termes de comportements, d’architecture des services et d’exposition réelle des mineurs.
Ce qui peut changer pour les familles et les plateformes
Si les pistes actuellement discutées se traduisent en règles, les conséquences pourraient être concrètes pour les plateformes comme pour les parents. Les entreprises seraient contraintes de renforcer leurs systèmes de vérification d’âge et de revoir certaines fonctionnalités destinées à maximiser l’engagement. Les familles, elles, auraient un cadre plus clair pour gérer les horaires, les accès et l’exposition quotidienne des adolescents.
À ce stade, le gouvernement britannique n’a pas publié de texte final. Mais politiquement, le message est net : le Royaume-Uni veut passer d’une consultation à une intervention. La réponse de l’été dira si Londres privilégie une interdiction générale, un paquet de restrictions ciblées, ou une combinaison des deux. Dans tous les cas, le dossier confirme que la régulation des usages numériques des mineurs devient un sujet central de politique publique bien au-delà du seul débat technologique.
Sources
- BBC News, 25 mai 2026
- GOV.UK, consultation « Growing up in the online world »
- GOV.UK, annonce officielle de la consultation sur les réseaux sociaux, les jeux et les chatbots
